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1943 - LE REFUS ET LA CONTRAINTE : LE STO |VERT|

Yves Rots signe ici son troisième livre : "soixante-dix années se sont écoulées depuis les pénibles événements que nos parents et nous avons vécus. Le cercle de ceux qui ont traversé cette époque s’est maintenant beaucoup rétréci. Il m’arrive de parler de ces jours passés avec les générations actuelles. Si certains sont indifférents, d’autres veulent savoir et regrettent que pères ou grands-pères, volontairement ou pas, aient effacé de leurs mémoires ces temps de souffrances physiques et morales. Le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) que j’évoque à l’échelon national a été sinon totalement occulté du moins minoré. La nation se sentait coupable d’avoir organisé le départ de six cent mille jeunes de vingt ans sous la contrainte. C’était l’œuvre du gouvernement français, conséquence de la politique collaborationniste conclue à Montoire entre Pétain et Hitler. Philipe Pétain et Pierre Laval répondant aux vœux de Fritz Sauckel, ministre allemand qui avait besoin de main d’œuvre. A des degrés divers, tous les STO ont souffert, beaucoup n’ont pas revu la France. Soixante mille d’entre nous moururent des suites de maladie, des mauvais traitements qu’ils avaient endurés, ou furent blessés car il y eut très loin entre la réalité que nous vécûmes et les promesses de la propagande de Vichy. A notre retour, des amicales se constituèrent dans les régions, sous l’appellation de « Déportés du travail ». Mais les politiques introduisirent contre nos fédérations une procédure qui nous interdit d’utiliser le terme de « déporté du travail ». Ils nous assimilaient, sans aller jusqu’à le dire, à des « volontaires » pour le travail en Allemagne. Notre journal de liaison « Le D.T. » (Déportation du Travail) dut abandonner son titre pour celui de « Le proscrit ». Le tour était joué, les responsables français de l’époque s’exonéraient de toute responsabilité. Livres et récits sont nombreux à évoquer l’odyssée des prisonniers de guerre : les KG « Kriegsgefangenen » mais les STO furent pratiquement oubliés. Je pense que c’est un devoir de mémoire de rappeler l’atteinte portée aux droits de l’homme, à sa dignité et à sa liberté, par le nazisme qui a perpétré bien d’autres crimes plus effroyables les uns que les autres. Si, en principe, les prisonniers de guerre jouissaient d’une protection relative grâce à la Convention de Genève, nous, les STO, échappions à tout statut international. Nos maîtres avaient les mains libres. Nous devions nous soumettre corps et âme à la peste brune. Nous n’étions plus des humains. Il était possible de nous rejeter après usage, de nous injurier, de nous faire souffrir, nous n’étions qu’objets de mépris." Yves Rots


Prix d'origine : 20,00€


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SKU : 9782953417791
Auteur : ROTS, YVES
Editeur : LE VISTEMBOIR
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